đż La naissance dâun prototype chez ZAWANN ou comment les vieilles techniques font les vĂȘtements qui durent
- Marina Acosta

- il y a 11 heures
- 4 min de lecture
Il y a un moment que jâaime particuliĂšrement dans mon mĂ©tier : celui oĂč lâidĂ©e, encore fragile, encore un peu floue, quitte le carnet de croquis pour devenir matiĂšre. Câest lâinstant oĂč le prototype naĂźt, oĂč le vĂȘtement commence Ă respirer. Chez ZAWANN, cette Ă©tape nâa rien de standardisĂ©. Elle est lente, prĂ©cise, artisanale â presque un rituel.

âïž Le choix des matiĂšres : la premiĂšre fidĂ©litĂ©
Je travaille avec des matiĂšres naturelles, upcyclĂ©es, vintage ou recyclĂ©es. Mais la durabilitĂ© dâun vĂȘtement ne tient pas seulement Ă ce quâil est fait, elle tient aussi Ă comment il est fait. Une Ă©toffe ancienne, un drap de laine militaire, un coton Ă©pais chinĂ© dans une mercerie oubliĂ©e⊠chaque matiĂšre raconte dĂ©jĂ une histoire. Mon rĂŽle est de lâĂ©couter, puis de la prolonger.
𧔠Le patronage taillé à la main
Une fois la matiĂšre choisie, je taille le patron Ă la main, piĂšce par piĂšce. Ce geste, qui pourrait sembler dâun autre temps, me permet dâajuster immĂ©diatement le modĂšle aux mesures dâune cliente ou dâune mannequin pour un shooting. Câest une libertĂ© que les mĂ©thodes industrielles ne permettent pas. Câest aussi une façon de respecter la matiĂšre, de la suivre plutĂŽt que de la contraindre.

đȘĄ Les finitions Ă lâancienne : la soliditĂ© avant tout
Les matiĂšres naturelles exigent de la dĂ©licatesse. Alors, avant mĂȘme lâassemblage, chaque piĂšce est soigneusement surjetĂ©e, et les nĆuds des chaĂźnettes sont nouĂ©s un Ă un. Ce travail en deux temps â surjet puis couture Ă la piqueuse â donne une soliditĂ© incomparable. Câest une technique que lâon ne voit plus beaucoup, parce quâelle prend du temps. Mais câest prĂ©cisĂ©ment ce temps qui fait la diffĂ©rence entre un vĂȘtement qui dure une saison et un vĂȘtement qui dure dix ans.

đ§” Les machines industrielles vintage : les mamies de lâatelier
Je travaille avec des machines industrielles anciennes, robustes, presque indestructibles. Un rĂ©parateur de Roubaix, qui rĂšgle des machines pour des usines du monde entier, depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations, mâa dit un jour que ma piqueuse Ă©tait une Rolls. Elle a fait la guerre, elle a traversĂ© les dĂ©cennies, et elle coud aujourdâhui comme une reine. Quand il mâa remplacĂ© le moteur il y a 10 ans, il mâa assurĂ© quâelle repartirait pour au moins vingt ans. Ces machines ont une Ăąme. Elles font un travail haute couture, sans jamais se presser.




đ§„ Des vĂȘtements qui traversent le temps
Ce nâest pas un hasard si mes clientes gardent leur manteau ZAWANN dix ans, parfois plus, et lâusent jusquâĂ la corde. La durabilitĂ© nâest pas un slogan : câest une philosophie, un engagement, un savoirâfaire. Câest aussi pour cela que je rĂ©flĂ©chis de plus en plus Ă des formes intemporelles, qui ne se dĂ©modent pas. Mon catalogue est permanent : une cliente peut me demander la réédition dâun modĂšle créé il y a dix ans, dans un nouveau tissu, personnalisĂ© pour elle. Et je le fais, toujours sur devis gratuit, parce que la mode peut ĂȘtre un lien, pas une course.

đ Conclusion un brin nostalgique
jâaimerais partager avec vous quelques photos rĂ©alisĂ©es par mon amie Korback, qui mâa accompagnĂ© dans mes expĂ©rimentations photographiques il y a longtemps.
Ces images me rappellent les premiers prototypes, les shootings improvisĂ©s, les fous rires, les manteaux qui ont trouvĂ© leur maison. Elles sont un petit morceau de notre histoire commune, et jâespĂšre quâelles vous toucheront autant que moi.
Ces piĂšces ont parfois dix ans, parfois plus. Elles ont Ă©tĂ© portĂ©es, aimĂ©es, rĂ©parĂ©es, parfois rééditĂ©es. Elles incarnent ce que jâessaie de construire depuis le premier jourâŻ: une mode qui dure, qui se transmet, qui garde la trace des mains qui lâont créée et de celles qui lâont portĂ©e.













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